Le sida plus rapide que la riposte. Extrait de Libération. Par Eric Favereau — 22 juillet 2018 à 19:46

Dans un centre de soins contre le sida, à Kiev, en Ukraine, en 2013. L’Europe de l’Est fait partie des régions du monde où le nombre de nouvelles contaminations croît le plus. Photo Yuri Kozyrev. Noor

La 22e conférence mondiale sur le sida s’ouvre ce lundi à Amsterdam, dans un contexte paradoxal. Le nombre de bénéficiaires de thérapies a explosé, mais celui des contaminations ne baisse pas, faisant craindre un désintérêt des Etats.

Voie materno-fœtale

C’est bien sûr d’abord sur le front épidémique que les signaux virent au rouge : en 2017, il y a eu 1,8 million de nouvelles infections. Cela reste énorme. En tout cas, cela ne baisse plus. On évoque aujourd’hui une véritable crise de la prévention ; les nouvelles infections liées au VIH sont ainsi en augmentation dans une cinquantaine de pays, et à l’échelle mondiale, le nombre n’a diminué que de 18 % au cours des sept dernières années, passant de 2,2 millions en 2010 à 1,8 million en 2017. Maigre progrès… Certains notent que la réduction du nombre des nouvelles infections par le VIH a été la plus forte dans la région la plus touchée par le virus, à savoir l’Afrique orientale et australe, mais d’autres s’alarment sur le fait qu’en Europe de l’Est et en Asie centrale, le nombre annuel de nouvelles infections par le VIH a doublé, et a augmenté de plus d’un quart ces vingt dernières années au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. «Nous n’arrivons pas à atteindre les populations les plus vulnérables, les populations les plus à risque»,s’alarme Michel Sidibé.

Symptôme de ces faiblesses, les progrès concernant les enfants ralentissent. Les dernières données soulignent que les progrès réalisés en ce qui les concerne ne sont pas pérennes. «Les enfants sont les laissés-pour-compte», pointe le directeur de l’ONU-sida qui note même qu’il y a un recul dans la prévention de la mère à l’enfant alors que l’objectif était qu’il n’y ait plus aucune contamination par voie materno-fœtale ; en 2017, on constate 180 000 nouvelles infections chez les enfants et 110 000 décès.

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Les experts insistent également sur la nécessité d’une nouvelle approche «pour mettre fin à la violence contre les femmes». En 2017, environ 58 % des nouvelles infections au VIH chez les adultes âgés de plus de 15 ans ont touché des femmes. Or, toutes les études le soulignent : la violence accroît la vulnérabilité au VIH. Plus d’une femme sur trois dans le monde a subi des violences physiques ou sexuelles. «Les inégalités, le manque d’autonomie et les violences faites aux femmes sont des violations des droits humains qui contribuent encore à l’augmentation du nombre de nouvelles contaminations par le VIH», insiste l’ONU-sida.

Face à cela, la question du financement de la riposte mondiale se pose de manière encore plus aiguë. Or, cette riposte s’effrite. «Nous voyons un déficit de 20 % au regard de l’ensemble des ressources dont nous avons besoin. Si on continue sur cette tendance, 44 des pays les plus touchés risquent de ne plus être capables de faire face aux coûts des traitements de leur population», analyse Michel Sidibé. Ce sont ainsi 7 milliards de dœollars par an qui manqueraient, et ce déficit compromet fortement l’objectif que s’est fixé l’ONU pour 2020 : que 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, que 90 % de ces dernières soient sous traitement, et que parmi celles-ci, 90% aient une charge virale indétectable. «Nous n’allons pas au rythme que nous nous étions assigné», a martelé le patron malien.

Services intégrés

Que faire, donc, pour ne pas régresser ? Cette question sera au centre de la conférence d’Amsterdam. Si côté médical et scientifique, il ne devrait pas y avoir d’annonces particulières, c’est autour du modèle de riposte que les débats sont les plus vifs. Et ils ont déjà débuté, avec un appel signé par une trentaine d’experts dans la grande revue médicale The Lancet du 21 juillet. Ces experts appellent de leurs vœux «à un changement urgent des stratégies». Ils ont ainsi, ces mots très fermes : «Les outils et les stratégies contre le VIH sont insuffisants et bien que des progrès spectaculaires puissent être obtenus en maximisant les stratégies actuelles de prévention et de traitement, la pandémie due au VIH va vraisemblablement demeurer un défi mondial majeur dans le futur proche.»

Ce groupe d’experts souhaite mettre fin à ce que l’on a appelé «l’exceptionnalité du sida», c’est-à-dire un modèle unique de riposte, centré massivement uniquement sur le VIH. Ils appellent, ainsi, «à la création de services intégrés qui répondent au VIH, mais aussi aux autres maladies qui partagent les voies de transmission, touchant les mêmes groupes à risque et coexistant souvent chez les patients». Exemple : «Une telle offre inclurait la santé sexuelle et reproductive, la tuberculose, les hépatites virales, les addictions aux drogues et les troubles mentaux», résume un des signataires. «La communauté sida doit faire cause commune avec le champ de la santé globale», martèle ce groupe. «Cela pourrait revitaliser l’objectif de la santé globale pour aller vers la santé pour tous.»

Certes l’objectif est louable, mais avec toujours cette crainte : casser le modèle d’hier n’est pas l’assurance de mettre sur pied le modèle de demain, surtout dans un contexte de baisse de la solidarité mondiale.

Eric Favereau

CHEMSEX : AIDES PROPOSE UN DISPOSITIF D’ÉCOUTE ET DE SOUTIEN

AIDES développe un réseau national d’entraide communautaire pour les usagers de Chemsex (consommation de produits psycho-actifs dans un cadre sexuel), leurs proches, leurs partenaires. Ce numéro d’appel d’urgence est destiné à gérer les situations qui requièrent une prise en charge immédiate : sur-dosage, surconsommation, état de mal-être physique ou psychologique (bad trip, angoisse, descente), prise de risques à VIH ou hépatites, modification et altération du comportement préventif, sentiment d’isolement, interactions entre les produits psychoactifs et les traitements à VIH, conséquences délétères de la consommation sur la santé, l’environnement familial, social et professionnel, etc.

Nous vous invitons vivement à faire circuler cette information auprès de vos proches car ce phénomène touche de plus en plus notre « communauté ».

Pour plus d’information : http://www.aides.org/chemsex-aides-numero-urgence

—Source : InterLGBT—

Recommandations sanitaires voyageurs 2017

Un Bulletin  spécial de Santé publique France sur les recommandations sanitaires 2017 pour les voyageurs est paru aujourd’hui. Utile avant l’été.  Ci-dessous, la partie spécifiquement dédiée aux PVVIH, avec ajout des noms de marque des médicaments.

Personnes vivant avec le VIH et personnes immunodéprimées

Les personnes pour lesquelles une consultation spécialisée est justifie avant le départ sont notamment les personnes :

  • vivant avec le VIH ;
  • transplantées d’organe solide ;
  • (…)

Une vigilance accrue doit être exercée sur :

• le risque lié à certaines maladies infectieuses chez le sujet porteur du VIH (leishmanioses, salmonelloses, tuberculose, infections dues à des coccidies intestinales, histoplasmoses et les autres infections fongiques contractées par inhalation, etc.) ;

• la nécessité de précautions d’hygiène notamment alimentaire ;

• les vaccinations  : les recommandations doivent être adaptées en fonction des types d’immunodépression. Un avis de novembre 2014 du HCSP les formalise.

  • Les vaccins vivants atténués tel que le vaccin de la fièvre jaune, sont généralement contre-indiqués . Chez le patient vivant avec le VIH, un nombre de CD4 >200/mm3 (>15% chez l’enfant âgé de moins de 5 ans) autorise la vaccination contre la fivre jaune, mais le délai d’acquisition de l’immunité post-vaccinalesemble augmenté et la durée de protection peut être inférieure à 10 ans.
  • Chez ces patients, le BCG est par ailleurs contre-indiqué quels que soient l’âge et le taux de CD4. – Les vaccins inactivés sont recommandés comme à l’ensemble des voyageurs.

• les interactions médicamenteuses entre le traitement de fond et les médicaments prescrits pour le voyage et notamment la prescription des antipaludiques :

  • diminution de la concentration plasmatique de  l’indinavir (Crixivan) par l’atovaquone ;
  • diminution des concentrations plasmatiques d’atovaquone et de proguanil par l’efavirenz (Sustiva, Atripla), les associations lopinavir/ritonavir (Kaletra) et atazanavir/ ritonavir (Reyataz) avec donc un risque d’échec des prophylaxies antipaludiques correspondantes dans ces situations  ;
  • augmentation de l’INR chez les patients sous AVK et prenant des antipaludiques contenant du proguanil et potentialisation de l’effet des AVK chez les patients prenant de la doxycycline

• les personnes vivant avec le VIH, le paludisme augmentant la charge virale et donc le risque de progression de la maladie ;

• le risque de photosensibilisation provoqué par les sulfamides souvent utilisés par les personnes infectées vivant avec le VIH. Une protection solaire (vêtements et crèmes écran) est fortement recommandée ;

• l’exposition au soleil les personnes immunodéprimées étant plus à risque de cancer de la peau.

Bonnes vacances à tous !  😉

—Source : InterLGBT—

Nouvelles recommandations du dépistage émises par la HAS

La Haute Autorité de Santé vient de publier de nouvelles recommandations sur la fréquence du dépistage des populations clés et en population générale pour atteindre l’épidémie cachée évaluée  à 24 800 personnes qui ignoreraient leur séropositivité.

Les nouvelles recommandations de fréquence de dépistage pour les populations clés :

  • tous les 3 mois pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes
  • tous les ans pour les utilisateurs de drogue par voie intraveineuse
  • tous les ans pour les personnes originaires de zones à forte prévalence, notamment d’Afrique subsaharienne et des Caraïbes.

La HAS privilégie un message unique et compréhensible en direction des populations clés. Même si cela pose la question des cumuls de facteurs de vulnérabilité à l’intérieur des populations clés mais  tel est le choix de la HAS.

Ces nouvelles recommandations s’inscrivent dans une diversité des offres de dépistages existantes ou à venir (CeGGID dans et en dehors des murs, TROD communautaire notamment en outreach, autotest vendus en pharmacie ou dispenser gratuitement par les associations avec  possibilité d’un premier entretien physique ou à distance pour un possible envoi postal).

Et aussi dans la prévention diversifiée adaptée au vécu et pratiques des populations les plus exposées  (promotion du préservatif, accès à la  PrEP, du TPE, du dépistage régulier des IST et du TasP).

Ci-dessous, le lien qui mène au communiqué de presse de la HAS et du rapport de la Réévaluation de la stratégie de dépistage de l’infection à VIH en France.

http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2752737/fr/vih-pour-eradiquer-l-epidemie-le-depistage-doit-etre-renforce

— Source : InterLGBT —

 

Voici les résultats du premier Sidaction 2017 à la RATP

Bonjour à tous,

Merci aux adhérents d’Homobus qui sont venus pour le Sidaction 2017 à la Maison de la RATP et ceux qui nous ont soutenus par la pensée.

Merci au Médecin-chef de la RATP et aux Responsables de l’Espace Santé pour avoir mis à notre disposition un docteur de la Médecine de Soins RATP.

Merci au département VAL pour son aide depuis de nombreuses années.

Merci au Comité d’Entreprise pour avoir annoncé notre journée d’action par des affiches et par notre indispensable serviette en papier.

Merci aux donateurs, aux collègues et passants de la Maison de la RATP pour leur générosité.

Rendez-vous au vendredi 1er décembre 2017